Te Vai-ete - Bilan Covid-19

À Papeete, le 31 jmai 2020

TE VAI-ETE

 

Bilan des actions auprès de la « petite Colonie » de la Cathédrale[1]

durant la période de confinement

du vendredi 20 mars au dimanche 17 mai 2020

Monseigneur Jean-Pierre,
Monsieur le Haut-Commissaire,
Madame la Ministre des Solidarités

Vous trouverez ci-dessous un bilan des actions menées par l’Accueil Te Vai-ete – Truck de la Miséricorde depuis la déclaration de confinement du vendredi 20 mars jusqu’au dimanche 17 mai 2020, fin de nos maraudes nocturnes quotidiennes. Ainsi qu’un petit aparté sur les colis alimentaires que nous distribuons chaque jour…

Rappel

À l’annonce du premier cas de Covid-19 en Polynésie, nous avons pris attache auprès de Monsieur le Haut-Commissaire pour préparer les mesures à prendre en vue d’un éventuel « confinement » (cf. courriel du 12 mai 2020).

Dès la fermeture des écoles et collèges, nous avons transféré la distribution des repas du matin de l’Accueil Te Vai-ete au presbytère de la Cathédrale. Décision fut prise aussi, d’assurer un repas le dimanche matin. Chaque matin une équipe de bénévole a préparé le repas avec l’aide des sans-abris, dès 6h30 pour une distribution vers 7h30 - 8h.

Le 20 mars, annonce du confinement, nous avons pris la décision d’effectuer des maraudes quotidiennes. Maraudes qui ont pris fin le dimanche 17 mai, pour retrouver le rythme habituel de deux maraudes par semaine (mardi et jeudi).

Bilan financier

Recettes

Nos actions n’ont été possibles que parce qu’il y a des dons qui nous ont permis de les réaliser. Ces dons sont de deux types : les dons pécuniaires et les dons en nature.

Dès l’annonce du confinement la solidarité s’est exprimée, aussi bien financièrement que matériellement et humainement. Sans qu’il n’y ait eu un appel aux dons, comme ce fut le cas pour venir en aide au Vanuatu.

Financières…

Nous avons reçu, dans la plus grande discrétion et l’anonymat le plus total, 71 dons pécuniaires pour un montant de 2 248 577 xfp : 

  • 1 733 077 xfp par virement… dont 137 232 xfp [1 150 €] de France ;
  • 356 000 xfp par chèque ;
  • 159 500 xfp en espèces ;

Auquel s’ajoutent 514 666 xfp pour le projet Te Vai-ete ‘api… soit un total de 2 763 243 xfp.

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en nature…

Parallèlement beaucoup de dons en nature nous sont arrivés pratiquement tous les jours :

  • Produits alimentaires ;
  • Produits frais : poisson, fruits et légumes ;
  • Produits d’hygiène ;
  • Masques en tissus et gels hydro-alcooliques ;
  • Barquettes pour repas ;
  • Vêtements ;
  • Aliments pour chiens ;

Sans oublier l’essentiel… les repas des maraudes du soir fournis en intégralité par le groupe « Solidarité »[2]

Dépenses

  • Alimentation................................................ 691 603 xfp
  • Produits d’entretien.......................................... 9 600 xfp
  • Gaz............................................................. 45 357 xfp
  • Carburant pour le Truck de la Miséricorde............. 42 582 xfp
  • Assurance du Truck de la Miséricorde................... 36 849 xfp
  • Don aux accueillis........................................... 10 000 xfp
  • Pharmacie..................................................... 39 447 xfp
  •  

Les repas du matin

Rappel historique : Les repas de l’Accueil Te Vai-ete existent depuis plus de 25 ans. Ils sont servis tous les matins du lundi au samedi entre 6h30 et 8h30 à l’Accueil situé à Vaininiore. Entièrement assuré par le bénévolat et grâce à la générosité de bienfaiteurs.

Dès l’annonce de la fermeture des écoles et collèges, nous avons transféré la distribution des repas du matin de l’Accueil Te Vai-ete au presbytère de la Cathédrale. L’Accueil Te Vai-ete étant beaucoup trop exigu ne permet pas de respecter les distanciations physiques nécessaires. Dans la foulée, nous avons pris la décision de servir ce repas le dimanche aussi, vu que le Marché et les commerces étaient fermés. Chaque matin, durant toute cette période, une équipe réduite de bénévoles avec les sans-abris ont préparé le repas, dès 6h30 pour une distribution vers 7h30 - 8h. Actuellement, les repas continuent à être servis au presbytère de la Cathédrale… nous n’avons pas encore défini une date de retour au local… nous attendons de voir l’évolution de la situation…

En quoi consiste un repas « Te Vai-ete » le matin :

  • 1 plat chaud (viande ou poisson ou œuf + riz ou pâtes ou purée)… 450 xfp ;
  • 1 boisson chaude (café, chocolat, lait)… 25 xfp ;
  • 1 boisson sucrée (jus de fruit, soda…)… 100 xfp ;
  • Paquet de biscuit et/ou cacahuète et/ou tablette de chocolat… 200 xfp ;
  • Pain, gâteau, brioche, fruits… 30 xfp ;

Pour établir le coût approximatif de ce repas, il nous faut ajouter le prix de la barquette biodégradable (24 xf), de la fourchette en bois (5 xfp), du gobelet en carton (14 xfp), du sel (0,5 xfp) et du sucre (2 xfp), soit 45,5 xfp. Nous pouvons donc établir le coût moyen d’un repas « Te Vai-ete » à 850 xfp.

Du 20 mars au 17 mai, ce sont 59 services de restauration qui ont été assurés sans interruption. Durant cette période, 162 personnes différentes ont pris au moins un repas : 25 femmes et 137 hommes dont 3 mineurs (17ans ½). Au total, 2 722 repas ont été servis - sans compter le 2ème service pour ceux qui le désiraient - ce qui nous donne une moyenne de 46 personnes par jour. Le coût total de ces repas est de 2 313 700 xfp entièrement assuré par des dons en nature ou pécuniaire.

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Nombre de repas servis par matinée au presbytère de la Cathédrale

Durant les deux premières semaines du confinement, nous n’avons servi qu’un seul repas aux résidants de la « petite colonie » de la Cathédrale, - ceci pour inciter les sans-abris à intégrer les centres de confinement. Ces centres étant saturés et ayant établi des règles si strictes qu’il était pratiquement impossible d’y ajouter des personnes, nous avons pris la décision de servir un second repas le soir à l’issue de la maraude. Nous n’en avons pas tenu une comptabilité exacte… c’est entre 25 et 30 repas qui ont été servis chaque soir durant 45 jours… soit entre 1 125 et 1 350 repas « simples » distribués (450 xfp + 51 xf = 501 xfp) soit pour un coût estimé entre 563 625 xfp et 676 350 xfp.

À cette estimation, il nous faut ajouter la « valorisation du temps donné » par les bénévoles :

  • 118h : 59 jours de 6h30 à 8h30… soit 2h par service ;
  • 590 heures : heures cumulées assurées par les 5 bénévoles ;
  • 904,82 xfp : taux horaire du SMIG ;
  • Valorisation du temps donné : 590h x 904,82 xfp = 533 843 xfp ;

Coût approximatif d’un repas type « Accueil Te Vai-ete »

  • Les repas : 2 313 700 xfp ;
  • Valorisation du temps des bénévoles : 533 843 xfp ;
  • Total : 2 847 543 xfp… pour 2 722 repas servis 
  • Soit 1 047 xfp / repas du matin

Lors de ces repas, des masques en tissus avec un filtre en papier ont été distribués systématiquement à chaque personne. Les repas n’ont été servis que si les personnes portaient leur masque, que l’on redonnait si nécessaire… au point que le slogan répété par nombre de sans-abris était : « Pas de masque… pas de repas ». Même si au départ, les autorités sanitaires du pays laissaient entendre que c’était inutile, nous avons fait le choix « pédagogique » du masque, notamment pour sensibiliser cette population au danger du virus. Dans la même logique, nous avons systématiquement imposé le gel hydro-alcoolique avant la remise du repas à chacun d’eux.

Premier « élagage » dans le nombre de personnes venue prendre un repas…

Deux groupes de personnes sont à mettre entre parenthèses dans la lecture de ce bilan : les personnes qui ont un domicile et les personnes qui ont rejoint les centres de confinement mis en place par le Pays.

Sur les 162 personnes qui ont pris un repas à la Cathédrale, 124 ont aussi bénéficié plus ou moins occasionnellement d’un repas lors des maraudes[3].

Personnes ayant un domicile

Parmi les personnes qui sont venues pour prendre un repas au presbytère, quelques-unes ont un domicile. Si nous ne leur avons pas refusé le premier repas, nous leur avons précisé que ce serait le seul, dès que nous avons pu avec certitude affirmer qu’elles ne sont pas à la rue au sens strict.

Ce sont en tout 15 personnes qui sont venues, avec des profils différents :

  • 9 sont passée 1 ou 2 fois… à l’exception d’une personne âgée originaire de Faaa qui était venue sur la ville pour une consultation, les autres sont toutes connues de nous ;
  • 4 ont des troubles psychiatriques importants… l’une d’elle est venue, accompagnée de son conjoint, pour son traitement ;
  • 2 sont en errance mais pas sans points d’attache. Ils sont venus régulièrement. L’un d’eux a explicitement été interdit de revenir car rencontré la veille au soir dans son quartier familial en état d’ébriété avancé !

Personnes ayant rejoint les lieux de confinement

Cette analyse doit être prise avec quelques réserves n’ayant jamais eu accès à la liste effective des personnes confinées ou ayant été confinées dans les 4 centres mis en place par le Pays. Nous n’avons eu que des listes partielles, par voie non officielle et parfois contradictoires[4].

Ce sont 41 personnes « confinées » qui ont pris un repas au presbytère de la Cathédrale soit avant leur confinement soit après avoir quitté volontairement ou avoir été exclues d’un centre de confinement.

  • Ateivi

18 personnes sur l’ensemble de celles qui ont intégré la salle Ateivi, sont passées ou ont demeuré autour de la Cathédrale. L’ensemble de ces personnes a quitté le centre d’accueil soit dans les premiers jours pour ne pas dire les premières heures et les autres par petits groupes.

  • 9 personnes ont demeuré de façon fixe autour de la Cathédrale ;
  • 2 personnes ne sont venues qu’une seule fois après avoir quitté le lieu d’hébergement. Nous les rencontrons régulièrement lors de nos maraudes du soir ;
  • 1 personne depuis son départ de la salle Ateivi n’est jamais venue prendre de repas à la Cathédrale. C’est une personne sous tutelle et en danger réelle dans la rue… elle a rejoint le Lycée Paul Gauguin une semaine plus tard ;
  • Les 6 autres personnes avaient pris un repas à la Cathédrale avant de rejoindre le centre de confinement puis sont restées au centre de confinement jusqu’à sa fermeture.
  • Maco Nena

16 personnes sur l’ensemble de celles qui ont intégré la salle Maco Nena, sont passées prendre un repas à la Cathédrale.

  • 7 personnes sont venues prendre un repas à la Cathédrale avant leur intégration à la salle Maco Nena le 23 mars ;
  • 9 autres qui sont passées et ressorties, soit par choix soit exclues sont venus occasionnellement ou régulièrement prendre un repas à la Cathédrale. Aucune de ces personnes n’est restée autour de la Cathédrale de façon fixe.
  • Lycée Paul Gauguin

9 personnes admises au Lycée Paul Gauguin ont pris part à des repas à la Cathédrale.

  • C.H.U.

Les personnes hébergées au C.H.U., en plus des habituées, étaient une partie de celles qui squattaient le terrain de Vaininiore où se situe le Centre de jour. Si une part d’entre elles fréquentait aussi les repas de l’Accueil Te Vai-ete, elles ne sont pas venues prendre de repas au presbytère de la Cathédrale durant la période du confinement. Aucune de ces personnes, à notre connaissance, n’a quitté le foyer depuis le début du confinement.

  • Fare amuiraa Tiona de Nahoata (Pirae)

Le 23 mars une famille (H 41a - F 30a - 1E 7a - 1E 2a - 1E à naitre 10/20…) est arrivée à la Cathédrale. Elle avait été hébergée au Foyer Te Arata avant d’en sortir volontairement pour regagner le domicile des parents de l’épouse à Papara. Situation qui a dégénéré rapidement. Ils ont dormi 2 nuits à la Cathédrale avant de rejoindre le fare amuiraa Tiona de Nahoata, là où étaient déjà hébergés 6 autres sans-abris. Nous sommes passés chaque soir lors de nos maraudes, parfois pour réguler les tensions dans le couple.

Personnes n’ayant jamais rejoint un lieu de confinement

Ce sont 121 personnes qui ont pris au moins un repas à la Cathédrale depuis le début du confinement, qui sont sans domicile et qui n’ont rejoint aucun lieu d’accueil mis à leur disposition. Nous les séparerons en trois catégories : 

  • ceux qui demeurent autour de la Cathédrale… la « petite colonie » ;
  • ceux qui demeurent dans des lieux fixes de la ville confinés ou non ;
  • les personnes « errantes » ou isolées.

Personnes demeurant autour de la Cathédrale

Plus ou moins 35 personnes sont demeurées de façon stable durant toute la période du confinement ou un temps notable autour de la Cathédrale.

  • 3 dormaient là mais sans manger ;
  • 6 venaient du squat du centre de jour de Vaininiore. Faute d’une prise en charge au niveau des livraisons de repas à midi sur leur lieu de squat, ils ont émigré pour s’installer à la Cathédrale ;
  • 2 ont été incarcérées suite à un vol commis au Centre Vaima ;
  • 3 ont été enjoints de quitter les lieux après un vol au presbytère de la Cathédrale.

Personnes demeurant à des points fixes dans la ville

Un certain nombre de personnes sans-abris vivaient à des points fixes (cf. ci-dessous § Les maraudes). Nous les rencontrions tous les soirs lors de nos maraudes. Cependant, un certain nombre d’entre-elles venait aussi prendre un repas à la Cathédrale. Sur les 5 points fixes relevés par nous, seule une partie des personnes de 2 points fixes est venue occasionnellement ou régulièrement à la Cathédrale.

  • Squat de la piscine : Ils étaient 5 personnes. Le couple n’est venu que très peu de fois… essentiellement pour des raisons de santé ou administratives. 2 autres vendaient dans la journée des masques en tissus dans la ville.
  • Squat du Centre de jour : Sur un total de 13 personnes au départ du confinement, toutes venaient à la Cathédrale prendre un repas. Le fait de ne pas leur avoir servi comme aux autres un repas à midi, pour des raisons inconnues de nous, a eu pour conséquence qu’elles sont venues agrandir la « colonie » de la Cathédrale.

Il y avait d’autres personnes, qui étaient à des points fixes dans la ville, mais qui ne pouvaient être assimilés à des espaces de confinement et que nous rencontrions systématiquement lors de nos maraudes :

  • Le long de la rivière de Tipaerui : Ils étaient 6 personnes à demeurer là. 2 seulement venaient occasionnellement prendre un repas à la Cathédrale, notamment pour des soins ;
  • Parking de la Clinique Paofai : Ils étaient 4 personnes à demeurer là. Aucun ne venaient prendre de repas à la Cathédrale ;
  • Près de l’école primaire de Mamao : Ils étaient 3 à demeurer là. 2 venait chaque jour prendre un repas à la Cathédrale ;
  • Immeuble Santa Anna : Ils étaient 3 à demeurer là. Une seule est passée occasionnellement prendre un repas à la Cathédrale ;

Personnes errantes ou isolées dans la ville

Les autres personnes venant prendre un repas à la Cathédrale le matin demeuraient de façon dispersée dans la ville. Il s’agit essentiellement de personnes de plus de 50 ans qui n’ont guère changé leurs habitudes, si ce n’est qu’ils ne pouvaient plus aller au parc Paofai dans la journée. Nous leur délivrions une « dérogation » chaque matin avec notre tampon pour qu’ils puissent être identifiées comme personne sans-abri et ne pas être inquiétés outre-mesure par les forces de l’ordre.

Profil des personnes venant prendre un repas au presbytère de la Cathédrale

Les profils des personnes ayant pris un repas au presbytère de la Cathédrale est divers et variés : jeune, personne d’âge mûr, homme et femme, couple et célibataire, personne relevant de la psychiatrie… Nous voudrions, dans ce bilan, attirer votre attention sur certains groupes plus particulièrement.

  • Troubles psychiatriques : Sur l’ensemble des 162 personnes qui sont passées, 25 ont des troubles psychiatriques plus ou moins handicapants pour eux et parfois difficiles à gérer. Cela peut aller de simples difficultés à la vie en société jusqu’à la schizophrénie, la bipolarité et la paranoïa. La moitié d’entre eux relève de la Cotorep. Pour les autres un certain nombre est suivi par le Dr Michel STEINMETZ (psychiatre au CHPf). La grande majorité n’a pas rejoint un lieu de confinement.
  • Des travailleurs : 4 personnes continuaient à travailler sous contrat CAE. C’est la raison pour laquelle, ils n’ont pas voulu rejoindre un lieu de confinement. Ces lieux n’acceptant pas que des personnes puissent sortir chaque jour pour rejoindre leur lieu de travail. Plus fort, puisque ceux qui géraient le fonctionnement de ces lieux d’accueil n’ont pas hésité, dans certains cas, à recourir de vrais certificats de complaisance sans lien avec une quelconque pathologie, en place de certificat « d’interdiction administrative d’aller travailler ». C’est la raison pour laquelle, le seul des 4 qui avait intégré un foyer d’accueil en est ressorti pour reprendre son travail.
  • Âges des personnes fréquentant la Cathédrale :

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Les maraudes

Rappel historique : Le Truck de la Miséricorde effectue des maraudes bihebdomadaires ayant débutées le 24 juin 2016. Depuis, chaque mardi et jeudi, les maraudes ont lieu entre le Camps d’Arue et le Bricomarché de Faaa. L’objectif est d’atteindre les personnes hors centre-ville de Papeete et qui ne fréquentent pas les accueils pour les sans-abris.

Dès l’annonce du confinement, nous avons pris la décision de mettre en place des maraudes quotidiennes. Ce sont, par conséquent, 59 maraudes que nous avons effectuées du 20 mars au 17 mai.

En quoi consiste un repas type « Truck de la Miséricorde » :

  • 1 plat chaud (viande ou poisson ou œuf + riz ou pâtes ou purée)… 450 xfp ;
  • 1 boisson sucrée (jus de fruit ou soda…)… 100 xfp ;
  • Paquet de biscuit et/ou cacahuète et/ou tablette de chocolat… 219 xfp ;
  • Pain, gâteau, pizza, fruits… 30 xfp ;

Pour établir le coût approximatif de ce repas, il nous faut ajouter le prix de la barquette biodégradable (24 xfp) et son couvercle (22 xfp), de la fourchette en bois (5 xfp), soit 51 xfp. Nous pouvons donc établir le coût moyen d’un repas « Truck de la Miséricorde » à 850 xfp.

Au cours de ces 59 maraudes, nous avons rencontré, au moins une fois, 299 personnes différentes : 49 femmes et 250 hommes dont 3 mineurs (1 de 14 ans et 2 enfants avec leurs parents). Au total, 4 722 repas ont été servis. Ce qui nous donne un coût de 4 013 070 xfp entièrement assuré par des dons en nature ou pécuniaire.

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Nombre de repas servis par maraude

Il nous est difficile d’évaluer en heure le temps de préparation des repas. Mais nous pouvons ajouter à cette estimation du coût, la « valorisation du temps donné » par ceux qui effectuaient les maraudes :

  • 147h30 : 59 jours de 18h à 20h30… soit 2h30 par maraude ;
  • 590 heures : heures cumulées assurées par les 4 bénévoles ;
  • 904,82 xfp : taux horaire du SMIG ;
  • Valorisation du temps donné : 590h x 904,82 xfp = 533 843 xfp ;

À cela s’ajoute le temps des bénévoles qui ont assuré la confection des repas et leur transport… n’ayant pas d’éléments solides pour établir un montant exact… nous l’estimerons à l’équivalent des personnes qui ont assuré la maraude, soit 533 843 xfp. Tout en sachant que nous sommes bien en dessous de la réalité.

Coût approximatif d’un repas distribué par le « Truck de la Miséricorde

  • Les repas : 4 013 070 xfp ;
  • Valorisation du temps des bénévoles : 1 067 686 xfp ;
  • L’essence : 42 582 xfp ;
  • L’assurance du Truck : 36 849 xfp ;
  • Total : 5 160 187 xfp… pour 4 722 repas servis 
  • Soit 1 093 xfp le repas

Ne rentre pas dans le coût total du repas les produits d’hygiène (savons, gel douche, brosse à dents, papier toilette) ainsi que pour certains des croquettes pour leur animaux de compagnie.

Comme pour les repas du matin, au cours de ces maraudes, des masques en tissus avec un filtre en papier ont été distribués systématiquement à chaque personne. Les repas n’ont été servis que si les personnes portaient leur masque, que l’on redonnait si nécessaire… au point que le slogan répété par nombre de sans-abris était : « Pas de masque… pas de repas ». Même si au départ, les autorités sanitaires du pays laissaient entendre que c’était inutile, nous avons fait le choix « pédagogique » du masque, notamment pour sensibiliser cette population au danger du virus. Dans la même logique, nous avons systématiquement imposé le gel hydro-alcoolique avant la remise du repas à chacun d’eux.

En plus d’assurer un repas aux sans-abris isolés dans les rues du « Grand Papeete », ces maraudes ont aussi été l’occasion de garder contact avec ces personnes, de mieux évaluer leur situation et de ne pas les perdre dans la nature. Durant la période du couvre-feu, nous avons autant que possible respecté l’horaire même si parfois nous avons débordé un peu. Nous étions de retour au presbytère au plus tard à 20h30. Les maraudes étant assurées en pleine concertation avec le Haut-commissariat, nous n’avons jamais eu de souci avec les forces de l’ordre (Police nationale, Police municipale et Gendarmerie)… au contraire, bien souvent, ils nous ont facilité la circulation.

Il était important d’assurer ces maraudes semi-nocturnes étant donné qu’il n’était pas réaliste de pouvoir confiner toutes les personnes sans-abris. Certaines ne pouvaient l’être en raison de leur état psychiatrique, d’autres parce qu’elles ne le voulaient pas ! De fait, certains étaient sédentaires sur certains sites et la distribution des repas « à domicile » leur évitaient de bouger pour chercher à manger… et risquer de propager le virus !

Premier « élagage » dans le nombre de personnes rencontrées lors des maraudes…

Sur les 299 personnes rencontrées, 171 personnes ont été rencontrées moins de 10 fois au cours des 59 maraudes effectuées. Nous pouvons diviser ces 171 personnes en deux groupes : les personnes qui ont un domicile ou qui ont été hébergées, par des membres de la famille ou des amis, durant la période du confinement et les personnes qui ont rejoint l’un des 4 centres de confinement mis en place par le Pays. À ceux-là, s’ajoutent quelques resquilleurs et profiteurs que la régularité des maraudes nous a permis de « démasquer ».

Profil des personnes rencontrées

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Classement par âge

Sur les 299 personnes :

  • 124 personnes ont aussi pris un repas le matin à la Cathédrale ;
  • 100 personnes sont passées par un centre de confinement au moins 2 jours :
    • 52 à Ateivi – 31 à Bambridge – 5 à Nahoata – 14 à Gauguin[5] ;
  • 85 personnes sont passées, au moins occasionnellement, au repas du matin au presbytère ;
  • 25 personnes ont un suivi psychiatrique avec ou sans soins ;
  • 6 personnes sont mineures… 3 ayant plus de 17 ans ;
  • 7 personnes ont plus de 70 ans ;
  • 14 personnes ont plus de 60 ans ;

Évolution de la situation

Sur l’ensemble de la période, ce sont 81 personnes en moyenne que nous avons rencontrées par maraude. Le graphique, ci-dessus, nous montre une augmentation légère mais continue du nombre de personnes durant cette période.

Plusieurs raisons à cette légère augmentation. Nous en noterons deux :

  • Quelques personnes sont revenues à la rue après un séjour plus ou moins long en centre de confinement, soit parce qu’elles ont été exclues en raison de leur comportement, soit parce qu’elles ont signé une décharge pour quitter le lieu ;
  • La difficulté pour un certain nombre de se nourrir. Le Marché de Papeete étant fermé, les passants rares… les sans -abris n’ont plus la possibilité de solliciter les personnes en ville ;

Dans l’ensemble, nous avons constaté, lors de nos maraudes que les personnes sans-abris étaient très calmes… notamment durant la période de l’interdiction de la vente d’alcool. Contrairement aux propos que nous avons pu entendre de la part du ministre de la Santé, lors d’un point presse[6], nous n’avons constaté aucune situation de manque.

La situation sanitaire est restée stable dans l’ensemble. Les personnes ayant un traitement, notamment psychiatrique, ont continué à prendre leur traitement. Le début du confinement a généré un grand stress pour nombre de sans abri pour lesquels une majoration de traitement a été nécessaire, notamment pour les rendre aptes à la vie en « collectivité ». Quelques cas de décompensations psychiatriques ont pu être réglés par adaptation du traitement ou passage par une hospitalisation.

Du fait que les maraudes quotidiennes et que l’équipe de maraude comprenait un médecin psychiatre et un infirmier, nous avons pu remettre une personne en traitement… espérant ainsi avoir épargné les vitrines d’un magasin et des panneaux publicitaires ![7]

Situation et prise en charge des différents groupes de sans-abris

Dans nos rapports quotidiens puis hebdomadaires au Haut-Commissariat, nous avons signalé plusieurs groupes plus ou moins importants rencontrés lors de nos maraudes. Certains dans des situations réellement précaires, d’autres en confinement de fait, mais confrontés à la nécessité de se ravitailler. Dans ces rapports, nous avions émis l’avis qu’en dehors du groupe qui demeurait sous le pont de Nahoata, il était préférable de les laisser in-situ tout en les prenant en charge pour leur assurer un repas trois fois par jour pour qu’ils n’aient pas à se déplacer. Ils étaient capables de respecter les normes édictées par eux-mêmes, sans qu’il n’y ait la nécessité de les mettre en confinement surveillé. Cet avis, semble-t-il, a été pris en compte, même si la régularité de la distribution des repas du midi était pour certain aléatoire.

Voici un descriptif de la situation de chacun de ces points de distribution :

Commune de Pirae

En général, nous rencontrons une dizaine de personnes sans-abris sur le territoire de la commune de Pirae. Un certain nombre a été pris en charge dans un centre de confinement à Pirae, les autres ont trouvé à se loger dans leurs familles le temps du confinement.

  • Fare amuiraa Tiona de Nahoata :

Dès le 25 mars, 6 personnes sans-abris, vivant sur la commune de Pirae ont été prises en charge et hébergées dans le « fare amuiraa Tiona » à Nahoata.

  • 1 personne, adulte handicapé (42 ans) située au niveau de l’immeuble Le Bihan ;
  • 1 personne (59 ans) se déplaçant sur l’ensemble de la commune ;
  • 3 personnes (42 ans ; 58 ans ; 53 ans) demeurant sous le pont de Nahoata ;
  • 1 personne non connue de nous (67 ans) ;

À ce groupe a été ajoutée une famille qui avait « atterri » à la Cathédrale en début de confinement et une jeune femme et sa fille qui demeuraient dans leur voiture en face de l’église Saint Joseph de Faaa :

  • 1 famille : He (41 ans) – Fe (30 ans) – En1 (7 ans) – En2 (2 ans) ;
  • 1 femme et sa fille ;

Les infirmières, Soria et Anne et le médecin Marine en charge des centres de confinement assuraient le suivi médical lors de tournées avec le « truck santé » de ce centre comme des autres situés sur la ville de Papeete. Nous sommes passés chaque soir, lors de la maraude au foyer. La situation était très calme. Là aussi, l’absence d’alcool, fut un atout non négligeable. Malheureusement, ce centre fut le premier à fermer et ces personnes ont réintégré leur domicile sous le pont de Nahoata. Des CAES leur ont été attribués mais pas de logement ![8]

  • Autres personnes :
  • 1 personne originaire d’Arue (39 ans)… mais ayant un squat fixe… qui venait se ravitailler les mardis et jeudis auprès du Truck de la Miséricorde n’est réapparue qu’après la levée du confinement ;
  • Un couple rencontré habituellement du côté de Aorai Tinihau a rejoint la famille pour la période de confinement ;
  • Une personne que nous avons suivie longtemps à la rue et qui garde désormais la maison familiale vient chercher un repas… car elle ne peut subvenir à ses besoins.

Commune de Papeete

Centre de jour – Vaininiore

Au début du confinement, 13 personnes habitaient dans des « châteaux » en place depuis plusieurs mois dans la cour du Centre de jour à Vaininiore. Il s’agissait de 4 couples et 5 célibataires. Couple 1 (27 ans et 42 ans) ; Couple 2 (29 ans et 21 ans) ; Couple 3 (26 ans et 36 ans) avec 1 enfant ; Couple 4 (22 ans et 18 ans)… quant aux 3 célibataires : 48 ans, 43 ans, 42 ans ,33 ans et 18 ans. Les lieux répondaient aux exigences du confinement, avec douches et toilettes. Le lieu était tenu bien propre. Visités occasionnellement par les responsables du confinement, ils n’étaient cependant pas destinataires de repas à midi. La plupart d’entre eux a fini par émigrer vers la « petite colonie » de la Cathédrale. Ne restait, sur place, à la fin de la période de confinement qu’un couple et un célibataire qui cependant venaient chaque matin prendre leur repas à la Cathédrale.

Base marine – Fare ute

Trois personnes logent dans le bâtiment, à l’entrée de la Base marine de Fare-ute, désaffecté : 56 ans ; 40 ans ; 34 ans. Ils étaient en situation de confinement de fait. Au dire de ces personnes, chaque midi, l’association Te Torea est allée à leur rencontre pour leur servir un repas.

Fare-Ute – Garage BMW

Cinq personnes demeuraient sous un appentis à Fare-ute. Il s’agit d’une fratrie de 3 et de deux conjoints : Couple 1 (28 ans et 44 ans) ; Couple 2 (28 ans et 31 ans) et un célibataire (19 ans). Ce n’est qu’en milieu de confinement qu’ils ont été attributaires à midi d’un repas par l’association Te Torea. Le couple 2 a récupéré leurs 2 enfants (7 ans et 10 ans) en milieu de confinement.

Piscine municipale de Papeete

Cinq personnes avaient un campement situé sur le terrain près de la piscine municipale de Papeete, anciennement « village des artisans ». Il s’agissait d’un couple (27 ans et 20 ans) et de 3 hommes (27 ans, 38 ans, 44 ans). Eux aussi étaient dans une situation qui répondait aux exigences du confinement puisque isolés et abrités. Comme pour le « Village tahitien », ils ont été expulsés durant la période de confinement.

8 autres personnes venaient prendre un repas au même endroit. Ils avaient leur spot le long de la Tipaerui, près du stade Bambridge. 2 d’entre eux ont quitté les centres de confinement.

Skate-park de Papeete

Quatre personnes habitent un « château » situé derrière le Skate-park depuis plus d’un an. Il s’agit d’un couple (29 ans et 38 ans) du père du conjoint (58 ans) et d’un ami (30 ans). Ils ont leur « faapu ».

Quatre autres personnes venaient chercher un repas au même endroit : un homme, handicapé adulte, et trois personnes ayant quitté l’accueil Bambridge.

Les électrons libres !

En plus de ces groupes, nous avons rencontré un certain nombre d’autres personnes dans la ville de Papeete.

  • 1 personne âgée au Parc Bougainville (68 ans) ;
  • 1 personne âgée sur le Front de mer (75 ans) qui se déplace beaucoup… sous tutelle ;
  • 3 personnes près de l’école Mamao, qui viennent prendre leur repas à la Cathédrale le matin ;
  • 7 personnes au niveau de la DSFE qui squattent dans les environs ;
  • 1 adulte handicapé à la Gare routière que nous avons remis sous traitement ;
  • 2 personnes à Taunoa :
    • 1 femme qui vit dans sa voiture ;
    • 1 homme ayant le syndrome de Diogène vivant sur un terrain vague encombré de détritus ;
  • 1 personne âgée (77 ans) à Vaininiore en face de la maison communale d’artisanat.
  • 5 personnes demeurant au niveau de Champion Paofai…  des repas leur étaient aussi livrés chaque midi ;
  • 1 personne sur le parking Paofai dans une voiture ;
  • 1 personne, adulte handicapé au niveau du temple Paofai… on le retrouve parfois au niveau de l’aéroport de Faaa !
  • 4 personnes au niveau de l’ancien hôpital Vaiami ;
  • 1 couple squattant un abri sur un chantier près de l’immeuble des Affaires foncières ;

Parmi ces personnes, 3 ont des troubles psychiatriques lourds, suivis par nous en lien étroit avec le Dr Michel STEINMETZ qui assure des permanences pour ces personnes au presbytère de la cathédrale tous les mardis matin depuis plus d’un an et demi et qui est aussi intervenu dans les centres de confinement du Pays, à raison de deux matinées par semaine durant le temps d’ouverture des centres.

Commune de Faaa

Sur Faaa, la situation a évolué suite à l’ouverture de l’accueil du lycée Gauguin, puisque 5 personnes ont été prises en charge. Nous avons pris en charge les 16 personnes restantes. L’association Te Torea ne prenant pas en charge les sans-abris de Faaa.

  • Personnes prises en charge
    • Le couple (72 ans et 58 ans), installé en face de la mairie de Faaa pris en charge par le Pays au Lycée Gauguin durant le confinement puis revenu au même endroit à la fermeture du centre ;
    • Les 2 personnes, adultes handicapés, qui demeuraient autour de l’aéroport.
  • L’un d’eux (64 ans) a disparu de la circulation un certain temps puis est revenu sur place ;
    • L’autre (49 ans) a été hébergée au Lycée Paul Gauguin et est suivie par le psychiatre… probablement dans un lieu d’hébergement !
  • La personne ayant un souci de santé et demeurant près du siège d’Air Tahiti Nui avait été hébergée au lycée Paul Gauguin et hospitalisée le lendemain. Elle a ensuite, par l’intermédiaire de sa sœur, une élue, intégré un foyer d’accueil à Mahaena.
  • Autres personnes
  • 1 personne demeurant sous le pont de la RDO route de Nuutania… plus ou moins pris en charge par les riverains ;
  • 1 jeune adulte, 17 ans squattant le long de la rue de Nuutania, fils du couple âgé (72 ans et 58 ans) ;
  • 3 personnes demeurant sur le terrain vague de la bretelle d’entrée de Puurai via Punaauia ;
  • 3 personnes au niveau de la pharmacie de Heiri ;
  • 1 personne, signalée par les Services sociaux au niveau du marché aux fleurs de Faaa ;
  • 1 adulte handicapé juste avant la gendarmerie ;
  • 3 personnes squattant une maison proche de la pharmacie de Pamatai ;
  • 2 personnes demeurant sous le pont de l’Uranie ;

Personnes demeurant au « Village tahitien » à la limite Papeete-Faaa

Nous n’incluons pas dans notre bilan les personnes qui habitaient le « Village tahitien » au bord de la RDO sur la limite Papeete-Faaa, et qui ont été expulsées en pleine période de confinement. Ils ne nous sollicitaient pas pour des repas… ils s’assumaient pleinement. Par contre nous les accompagnions pour les démarches administratives auxquelles ils devaient faire face parfois. Ils étaient entre 10 et 20. Une partie a été provisoirement relogée… certains sont de retour à la rue depuis la fin du confinement.

Personnes signalées par le Pays

Durant toute la période du confinement, nous n’avons eu aucun lien avec les autorités du Pays. Très active, sur le plan médiatique pour la mise en place des centres de confinement et lors des tournées dans ces centres… aucun d’eux n’est venu à la rencontre des sans-abris « non-confinés » ! Ce qui ne nous a pas empêché de répondre favorablement à la sollicitation des affaires sociales[9].

Le jeudi 2 avril, dans un premier courriel, les services du Pays nous ont demandé de servir un repas pour environ 16 personnes sur la commune de Faaa… sans nous préciser qui ni pourquoi. Nous avons demandé une liste afin de pouvoir la comparer aux personnes que nous rencontrions chaque soir. Dans la réponse du Pays, la liste s’est réduite à 5 personnes… Une seule n’était pas connue de nous. Nous avons à ce jour pu la situer mais nous n’avons jamais pu lui servir un repas, car elle était absente de son « spot » aux heures de nos maraudes.

Les bienfaiteurs

En 25 ans les bienfaiteurs ne nous ont jamais fait faux bond et ont toujours répondu présent pour le soutien aux personnes en grandes difficultés, que ce soit des sans-abris ou des familles en détresse. Durant la période de confinement, nous avons vu leur nombre augmenter considérablement…

…les particuliers,…

Tout au long de ces deux mois, chaque jour, des bienfaiteurs connus ou anonymes, ont manifesté leur solidarité. Certains par des dons pécuniaires (voir ci-dessus) et beaucoup aussi par des dons en nature.

  • Lucie nous a fait régulièrement parvenir des masques en tissus confectionnés par elle-même et nous a préparé des beignets de ina’a ;
  • Un homme venant de Punaauia nous apportait régulièrement des régimes de bananes ;
  • Une infirmière libérale… nous fait livrer des pizzas pour la maraude ;
  • Marie-Claude nous a livré régulièrement des légumes frais ;
  • Les gâteaux du mercredi matin par les femmes de militaires sous la responsabilité de Laurence ;
  • … .

S’ajoutent à cela de nombreux dons anonymes alimentaires… qui un sac avec lait, café, riz, sucre, puaatoro, conserves…, qui un carton de SAO, de riz… Tout ceci nous permettant la préparation des repas du matin à la Cathédrale mais également de répondre aux demandes d’aides alimentaires des familles vivant dans les quartiers… demandes de plus en plus nombreuses.

… les commerces et les entreprises

Plusieurs entreprises[10] et commerçants ont tenu à participer à l’effort de solidarité, et cela toujours spontanément sans qu’il y ait eu de notre part une quelconque sollicitation…

  • Cécile import… fruits et légumes ;
  • Boulangerie « Le Fournil du haut-bois »
  • Boulangerie Liou Fong ;
  • Entreprise de retour de Makatea pour dépollution bateau échoué ;
  • Exploitation agricole Brice Coppenrath… fruits ;
  • Groupe Aline (Marc)… repas pour les maraudes et savons ;
  • Groupe de danse de Tiare Trompette… repas pour les maraudes ;
  • Lou Pescadou… repas pour les maraudes ;
  • Océan product… poisson ;
  • Restaurant AlphaB… repas pour les maraudes ;
  • Tahiti-souvenir… masques en tissus ;
  • TNB… barquettes et aliments pour chien ;
  • … .

Les bénévoles

Si les moyens matériels sont essentiels pour remplir nos missions, et particulièrement durant ce temps de confinement, rien n’aurait été possible sans l’implication sans faille des bénévoles.

du matin…

Une petite équipe réduite assurait chaque matin la confection des repas pour la 50aine de sans-abris non confinés qui se présentaient chaque matin du lundi au dimanche. Dès 6h30, ils étaient-là sur le pied de guerre et s’affairaient pour que tout soit prêt pour 7h45, heure où la distribution de repas commençait…

  • Caroline, infirmière ;
  • Daniel, retraité ;
  • Florence, infirmière et son époux ;
  • Jean-Pierre, professeur de français ;
  • Joelle, femme au foyer ;
  • Justine, infirmière à Fenua Medex ;
  • Laurence, épouse de militaire ;[11]
  • Marc, commerçant ;
  • Martine, infirmière à la retraite ;
  • Rebecca, assistante auprès des malades ;
  • Stéphane, infirmier ;

Sans oublier les sans-abris, acteurs eux-mêmes :

  • Ange – François – Heifara – Mahinui - Philipe ;

et des  maraudes…

Pour les maraudes du soir, deux « catégories » de bénévoles. L’équipe qui assure la distribution des repas du camps d’Arue à l’Aéroport de Faaa… et les personnes et équipes qui confectionnent la 100aine de repas quotidiens.

L’équipe qui assurait la distribution des repas, était une équipe réduite et toujours la même… ceci afin de faciliter la distribution et de finir au plus près de l’heure du couvre-feu avec les autorisations de circuler exceptionnelles établies pour toute la durée de cette mesure.

  • Stéphane, infirmier ;
  • Michel, médecin psychiatre ;

Ainsi que deux sans-abris :

  • Ange ;
  • Mahinui ;

Si la 1ère semaine, l’équipe de distribution a dû confectionner la plupart des repas, rapidement des personnes se sont mobilisées pour nous soulager de cette tâche. Plusieurs personnes et groupes se répartissaient la confection des repas à distribuer lors des maraudes.

  • Équipe de femmes de militaire sous l’égide de l’Ordre de Malte (dimanche) ;
  • Flora, retraitée… prenait en charge un repas par semaine (lundi) ;
  • Groupe facebook « Solidarité »… (Bénédicte) ;

La santé

Le confinement a rendu un peu plus délicat le suivi médical des personnes sans-abris à la rue. Les médecins généralistes de la Clinique Cardella, qui les accueillent habituellement ne pouvaient plus le faire aussi facilement, en raison des contraintes d’accès à la Clinique, Taote Gérard qui assurait habituellement le suivi de ces personnes était « coincé » en France. La fermeture des cabinets dentaires n’empêche pas les infections… Nous avons été amenés à nous organiser autrement… Malgré tout, un réseau de professionnels de santé s’est rendu disponible pour les petits problèmes de santé quotidiens :

  • Dentiste : Le cabinet dentaire qui suit habituellement les sans-abris est resté disponible. Ainsi nous envoyions les photos des dents cariées ou douloureuses… le diagnostic posé, l’ordonnance nous était transmise par courriel. Taote Michel vérifiait s’il y avait des contre-indications pour le patient… et le traitement commençait de suite dans l’attente d’une intervention dès que possible. La réouverture des cabinets dentaires actée, sans sourciller, les dentistes ont reçu un à un les sans-abris… souvent durant plusieurs séances.
  • Infirmier : Nous avions plusieurs infirmiers qui sont intervenus comme bénévole… pas nécessairement dans le cadre de leur profession… mais toujours disponible pour les soins à prodiguer. Parmi eux, il y avait Stéphane, infirmier-cuisinier-chauffeur-confident… Il intervenait aussi souvent que nécessaire, en dehors de son télétravail, notamment pour faire le lien entre les médecins, les spécialistes et les sans-abris. En tant que bénévole, il était le « chef cuisinier » du matin – un vrai cordon bleu - et le chauffeur infatigable des maraudes le soir ;
  • Médecin : Un médecin du secteur libéral est resté disponible à nos appels pour des interventions ou des conseils ;
  • Psychiatre : Nous avons eu la chance - lui moins -, d’héberger en semaine et durant une partie de la période de confinement, Taote Michel qui habite à Moorea. Ainsi, il participait aux maraudes et pouvait jauger la situation des uns et des autres. Le matin, il assurait des consultations médicales de tout genre pendant que le repas se préparait. Il avait aussi en charge les sans-abris confinés dans les quatre foyers du Pays. Il a pu, ainsi, assurer un lien entre ces centres et la « petite colonie » de la Cathédrale !

Cette dimension sanitaire fut essentielle. Aussi bien pour la « bobologie » que pour le suivi plus particulier d’un certain nombre des sans-abris. Cette crise sanitaire a été aussi anxiogène pour bon nombre de sans-abris qui nécessitaient écoute et réconfort au quotidien. Nous avions parmi eux, une jeune femme enceinte qui a accouché le 25 avril d’un petit « Hau-nui » ; plusieurs personnes ayant des troubles psychiatriques, qui se sont installées autour de la Cathédrale, se sentant en sécurité au milieu d’une « petite colonie » attentive à eux !

Les partenaires administratifs

Si avec les autorités du Pays et de la commune, nous n’avons eu aucun lien, plusieurs services ont contribué à faciliter la gestion de crise du Covid-19 pour les sans-abris.

  • CPS : La couverture santé au travers du RSPf est un élément fondamental pour la vie et la réinsertion des personnes sans-abris. Depuis le début de l’année, après d’âpres discussions, un protocole a pu être mis en place qui nous permet de constituer les dossiers d’admission ou de renouvellement au RSPf aisément. Ce protocole a montré son efficacité et ce sont 67 dossiers RSPf de personnes sans-abris qui ont pu être établis ou mis à jour.
  • Fare rata : Depuis plus d’un an, une convention permet aux sans-abris d’ouvrir un compte CCP sans frais d’ouverture, et sans frais de gestion : les comptes « solidarité ». Un élément essentiel pour la réinsertion des sans-abris : inscription à la CPS, au SEFI pour des formations ou simplement pour un travail. Durant la période de confinement, la Poste avait suspendu pour tout le monde, l’ouverture de compte CCP. Les personnes sans-abris, sans compte, ne pouvaient prétendre au dispositif CAES… Sensible à cette question, Fare Rata a accepté d’ouvrir un guichet spécial pour une matinée au profit des personnes sans-abris…
  • Haut-Commissariat : Dès le premier cas de Covid-19 en Polynésie, nous avons pris contact avec le Haut-Commissariat. Tout au long de la période de confinement, des contacts réguliers ont été maintenus avec une grande réactivité de la part du Haut-Commissariat. Nos maraudes ont ainsi été facilitées notamment pour les relations avec les forces de l’ordre et surtout grâce à l’écoute de nos suggestions face aux réalités de terrain que nous découvrions chaque jour.

Colis alimentaires

Depuis quelques années, la communauté chrétienne de la Cathédrale assure des colis alimentaires pour les familles en grandes difficultés. En 2018, elle a mis en place de « Caddy de la Miséricorde »[12] pour pouvoir assurer l’augmentation des demandes. Parallèlement, pour éviter les abus, une procédure a été mise en place en étroite collaboration avec les Services sociaux de la commune de Papeete. Les demandeurs doivent d’abord s’adresser auprès de ces services qui nous font parvenir un courriel présentant la situation des demandeurs (nombre de personnes, âge…). Nous préparons le colis alimentaire dans la journée qui peut être récupéré dès le lendemain (jours ouvrables).

Depuis le début de l’année 2020 ce sont 122 demandes qui nous sont parvenues pour un total de 379 personnes (214 adultes et 165 enfants).

Le confinement a eu des conséquences manifestes sur la situation de nombreuses familles, d’où une augmentation significative des demandes. Du 21 mars à ce jour : 72 demandes nous sont parvenues représentant 232 personnes (129 adultes et 103 enfants).

Depuis la fin du confinement le nombre de demandes d’aide alimentaire ne cesse d’augmenter. Nous en sommes au double, voir au triple, par rapport aux premiers mois de l’année.

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Colis alimentaires par mois depuis le 1er janvier 2020…

Observations générales

Nous voudrions attirer une attention particulière sur plusieurs points.

  • Lien avec les autorités du Pays : L’absence de lien avec les autorités du Pays, s’il ne nous a pas empêché de mener à bien nos missions, est regrettable. Si le Gouvernement et la commune ont régulièrement visité les centres de confinement qu’ils avaient mis en place… jamais ils ne sont venus à la rencontre des sans-abris non confinés, laissant ainsi l’amer sentiment qu’il y a deux catégories de sans-abris. Notons, une exception, Mme Isabelle Sachet, ministre de la Solidarité, à l’issue du confinement, a fait la démarche de nous contacter pour un partage de nos expériences.
  • Sortie des centres d’accueil : Quelques questions se sont posées aussi lors de la sortie des personnes des centres de confinement notamment durant la période des restrictions de circulation. Certain l’ont été pour raison de discipline, d’autre après avoir signé une décharge. Nous avons conscience, par expérience, que la gestion de l’ensemble de ces personnes n’est pas aisée. Le manque d’information de la part des responsables de la gestion de ces centres fut l’un des problèmes majeurs, notamment pour les personnes sous traitements médicaux, notamment psychiatriques. De même pour les personnes sous tutelle, les tuteurs ou curateurs n’ont pas été informés.
  • Personnes sous tutelle : Quelques personnes sous-tutelle n’avaient plus accès à leur allocation. Ainsi l’une d’entre elle est arrivée en pleine période de confinement de Tautira, pour aller retirer son allocation mensuelle au Trésor public. Celui-ci étant fermé, la personne est restée plus de deux semaines à la Cathédrale ! D’autres personnes sous tutelle se retrouvaient sans leur pécule et par conséquent étaient plus agressives.
  • Personnes âgées : 28 personnes, parmi les 238 ont plus de 60 ans. À l’exception de 2 qui ne sont passées que fortuitement…les autres sont des habitués de la rue. 9 d’entre elles ont plus de 70 ans ! 3 parmi elles résidaient à la Cathédrale. Une seule a accepté d’être dans un lieu de confinement. À l’exception d’un dont nous ne connaissons pas la situation financière, ils sont tous titulaire d’une retraite ou ASPA (80 000 xfp). Ils étaient et restent particulièrement exposés au risque de harcèlement et de vol de leur pécule par les jeunes qui circulent dans la ville.
  • Carte d’identité : Nous vous avions déjà sensibilisé au problème de l’établissement des C.N.I., qui à la Mairie de Papeete nécessite une inscription un mois avant le dépôt à quoi s’ajoute le délai de « livraison » de la C.N.I.… soit un délai de deux mois. La situation durant le confinement s’est notablement compliquée, puisqu’il n’y avait plus de possibilité d’établir des C.N.I.  Les personnes sans-abris – et pas seulement – qui n’ont plus de C.N.I et qui travaillent ou reçoivent une indemnité ne pouvaient plus y accéder… les Banques n’acceptant pas les photocopies. Il serait urgent de trouver une solution : authentification des photocopies de C.N.I. par exemple, pour permettre aux personnes d’accéder à leur revenu pour leur vie quotidienne.

Et aujourd’hui…

Reste une question essentielle en suspens : l’après confinement ? Qu’en sera-t-il ?

Les questions semblent ne pas avoir été analysées avec toute l’attention requise, avant la fermeture des centres de confinement, faute de temps probablement et de concertation… Nous n’en sommes qu’aux prémices d’une crise économique dont les premiers signes sont déjà bien visible avec des répercussions sociales évidentes, impactant directement le fragile équilibre de la société polynésienne. Nous ne pouvons que craindre un accroissement de la population sans abris ou en détresse économique.

Sans aucune prétention, cette crise sanitaire nous a conforté, assuré dans notre choix, notre volonté de bâtir un Te Vai-ete Api. Les plans du nouveau centre d’accueil Te Vaiete Api sont réellement d’actualité et correspondent en tout point aux différentes situations rencontrées durant cette crise sanitaire.

Nous sommes rassurés car les chiffres de sans-abris dans l’agglomération du grand Papeete correspondent parfaitement aux chiffres que nous avons avancés lors de nos différentes interventions depuis près de deux ans : entre 250 et 300 personnes.

Nous pensons qu’il ne faut pas « catégoriser » les personnes par groupes d’appartenance (personnes âgées, psy, jeunes travailleurs…). S’ils ont tous le même dénominateur commun, à savoir le manque de toit, la problématique initiale reste singulière et personnelle. Chaque situation nécessite une écoute, une aide, un accompagnement personnel.

Fort de cette expérience, souhaitons que le Pays entende notre demande de terrain pour bâtir Te Vaiete Api au profit des plus démunis. Nous comptons sur notre ministre des Solidarités, que nous avons eu la joie de rencontrer longuement et ainsi pu constater la convergence de nos analyses de la situation, pour relayer nos propositions auprès du Gouvernement et du Président du Pays.

Conclusion

Du 20 mars au 17 mai, ce sont entre 8 569 et 8 794 repas qui ont été servis exclusivement grâce à la générosité et à la mobilisation de bénévoles et de bienfaiteurs. L’occasion par ce bilan de leur rendre hommage, que ce soit des personnes, des magasins ou des entreprises, des institutions du Pays ou de l’État.

Nous voudrions aussi profiter de ce bilan pour remercier les forces de l’ordre, notamment la Police nationale pour son travail et sa présence. Depuis le début du confinement, les sans-abris, prompts à venir nous rapporter leurs conflits avec les forces de l’ordre, ne nous en ont rapporté aucun. Seuls quelques-uns viennent nous dire : « La Police nous a dit… si l’on n’a pas de dérogation, on va devoir payer une amende… »… Ce qui nous a permis de leur rappeler les règles de déplacement en vigueur.

Voilà, en quelques pages la situation des personnes que nous suivons, et nous vous remercions de la confiance que vous nous avez manifesté. Nous sommes à votre disposition pour davantage d’informations et pour des propositions d’action que vous voudriez mettre en œuvre pour cette population.

Veuillez croire, Monseigneur et Monsieur le Haut-Commissaire, Madame la Ministre, à notre prière.

Père Christophe BARLIER-BRIGNOLI
Responsable de l’Accueil Te Vai-ete

 


[1] Terme condescendant utilisé par les Autorités du Pays pour parler des sans-abris qui résident autour de la Cathédrale ou qui viennent y prendre un repas. Point santé du 30 mars 2020.

[2] Un petit mot sur le groupe facebook « Solidarité » : Une initiative de Bénédicte, juriste bénévole depuis quelques années pour les sans-abris a pris l’initiative, dès le début du confinement de réunir autour d’elle des personnes désirant apporter, de façon active, leur pierre à l’édifice « solidarité ». Ils ont ouvert un groupe privé facebook appelé « Solidarité ». Revanui coordonne cela d’une main de maître pour que chaque jour du mardi au samedi, plus de 100 plats soient déposés au presbytère pour la maraude du soir. Ils sont à ce jour 77 membres à mijoter, chacun chez soi des petits plats, venant de tous les horizons de la société : politiques, entrepreneur, enseignants, fonctionnaires, patentés… Un merci à chacun d’eux en commençant par Revanui, l’administratrice, Bénédicte, l’initiatrice, et Catherine et Taurere, Opahi, Moe, Moetai, Amandine, Leilana, Cora, Sabrina, Sarah, Leilana, Naomi, Tiare, Nathalie, Heimano, Magalie, Chantal, Priska, Cathy, Ivalani, Marie, Judith, William, Krystal, Hinerava… et tous les autres. Ils ont décidé de continuer cette action en préparant les repas des maraudes du mardi et jeudi…

[3] Nous n’incluons pas dans ce nombre ceux qui ont reçu un repas « simple » à la Cathédrale, le soir à la fin de la maraude.

[4] Malgré ce manque de communication, il faut le travail de recensement réalisé par Hélène, assistante sociale pour évaluer les besoins et les projets possibles (hélas arrivée trop tard et ayant réintégré son poste d’origine trop tôt pour compléter sa mission).

[5] N’ayant pas la liste exacte des personnes accueillies dans ces centres, nos chiffres sont établis par rapport aux témoignages des personnes.

[6] Point santé du 2 avril 2020.

[7] Quid aujourd’hui du suivi de cette personne… nous avons informé l’équipe soignante mobile pour qu’elle prenne le relais… mais elle n’effectué pas de mission quotidienne dans la rue ! Nous allons, par conséquent, en assurer le suivi personnellement !

[8] Un petit mot rapide sur les activités théâtrales proposées par la compagnie du Caméléon ainsi que l’atelier photo dirigé par l’artiste photographe Marie Hélène Villerme dans ce centre de confinement. Nous avons pu constater une adhésion totale à ces activités par les personnes vivant sous le pont de Nahoata. Le regard de ces personnes devenus acteurs le temps de l’activité s’illuminait jusqu’au soir lors de notre passage.

[9] Notons que Mme Isabelle SACHET est venue à notre rencontre à la fin du confinement. Un échange vrai et fraternelle nous a permis de constater la convergence de nos constats et observations. Elle est la seule personne à avoir oser faire cette démarche…

[10] Ne sont pas mentionnées ici les entreprises et commerces avec lesquels nous avons une convention tout au long de l’année : Carrefour, Champion, Wan Import, Foodies, Brapac…

[11] S’ajoute à Laurence quelques épouses de militaire qui confectionnaient gâteaux et autres servis au repas du matin et distribués aux maraudes.

[12] Le « Caddy de la Miséricorde » est un chariot placé à l’entrée principale de la Cathédrale lors des messes dominicales. Les fidèles peuvent participer à cette mission en apportant diverses denrées alimentaires et produits d’hygiène.

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