Il y a deux cent ans la bataille de Narii…
pourquoi sans souvenir en 2015 ?

Dans un mur côté mer à Paea se trouve incluse une pierre, peut-être la dernière du marae Narii. Comme les parpaings autour sont souvent repeints, elle change de couleurs, parfaite adaptation à la modernité et au goût de la propriété privée ...
À la fois visible et presque invisible, connue et quasi ignorée, la pierre de Narii affiche sa permanence, semblable en tous points à la bataille de Fe’i Pi dont elle a été le témoin, il y a deux cents ans.
Si les acteurs ou les spectateurs semblent n'avoir laissé aucun document direct, ceux qui écrivent ont pu rencontrer, interroger, écouter les témoins de cet événement, les missionnaires anglais comme Nott, Davies, puis Ellis, le négociant belge Moerenhout, et surtout les « secrétaires » de la reine Marautaaroa elle-même.
Ces textes et d'autres ont été analysés plus tard par des historiens plus officiels, en particulier ceux des Eglises de ce pays.
En traduisant la « bataille de Fei Pi » par « te hau Fei Pi », Tenete a voulu ouvrir cette page du bicentenaire et propose ainsi, dans ce dossier historique, les pistes nouvelles de réflexion et de méditation.
Cette guerre fratricide sinon civile d'il y a deux siècles n'est pas la première, ni, hélas, la dernière sur le sol tahitien, du moins a-t-elle été suivie d'une longue période de paix jusque dans les années 1840, mais ceci est une autre histoire ...
Opuhara, le vaincu de 1815 serait-il le héros de 2015 ?
Ces Fe'i pi, ces bananes vertes, immatures et dures, comme le rappelle si bien Aurora Natua, celles qui explosent dans le feu, sont-elles le symbole d'une jeunesse qui ne veut pas être incluse dans un mur ?
Le 12 novembre 1815 est une pierre fondatrice, l'une des pierres, de l'histoire de Tahiti et des îles - ne l'enfermons pas dans un mur ni même dans ce dossier.
Robert Koenig
En vente au presbytère de la Cathédrale – 2 500 xfp