Pitcairn

Îles de Pitcairn

********************

Chronologie

1500                          Fin probable de l’habitation de l’île par les polynésiens ;

1767           2 juillet     Découverte européenne par Philipp Carteret, navigateur anglais ;

1790        23 janvier     Installation des Mutinés de la Bounty ;

1808                          Premier contact avec le monde extérieur ;

1838                          La population se place sous la protection anglaise ;

1898                          Visite de quelques heures du R.P. Georges Eich ;

1905                          Visite de 4 jours du R.P. Célestin Maurel ;

1974        22 février     Les îles Pitcairn sont officiellement rattachées à l’Archidiocèse de Papeete ;

********************

Bref historique

Les îles de Pitcairn sont un ensemble de quatre îles (Pitcairn, Henderson, Ducie et Oeno) d'une superficie totale de 47 km2. En tant qu'entité administrative, leur nom officiel en anglais est Pitcairn, Henderson, Ducie and Oeno Islands. Adamstown est la capitale. Bien que Henderson comprenne 86 % de la superficie des îles, seule Pitcairn est habitée de manière permanente, avec une population d'une cinquantaine d'habitants appartenant à neuf familles, ce qui en fait l'entité politique la moins peuplée du monde. La grande majorité des habitants descendent des neuf mutins du HMS Bounty et de leurs épouses. Les îles Pitcairn hébergeaient encore 250 habitants dans les années 1950, mais en 2020, ils ne sont plus que 43 permanents. L'île habitée la plus proche estMangareva, à 688 km à l'ouest. Elle se situe 2 182 kms à l’Est-Sud-Est de Tahiti.

Probablement habitée par les polynésiens jusqu’à la fin du XVè siècles, elle fut découverte le 2 juillet 1767 par l’anglais Philipp Carteret et était inhabitée. Elle doit son nom à Robert Pitcairn, un marin de l'expédition qui vit le premier cette terre. Les mutinés de la Bounty débarquèrent sur l’île en 1789 et le 23 janvier 1790, brûlèrent le navire. Initialement composée de neuf Européens, six hommes tahitiens et douze femmes tahitiennes, la communauté connaît des tensions croissantes, en partie dues aux différences culturelles et au traitement inégal des Polynésiens par les Européens. Ces conflits culminent en 1793 avec des assassinats réciproques, laissant John Adams comme seul survivant masculin parmi les Européens, chargé de maintenir l'ordre et l'éducation à l'aide de la Bible trouvée sur le navire. Le premier contact avec le monde extérieur survient en 1808 lorsque le navire américainTopaz découvre cette communauté isolée. En 1838, la population demande officiellement la protection de l’Angleterre.

L’île est rattachée d’un point de vue civil à la couronne d’Angleterre et d’un point de vue religieux à l’Archidiocèse de Papeete. Il n’y a aucune présence catholique sur l’île. Deux voyages de missionnaires sont connus : celui du R.P. Joseph Eich en 1898 et celui du R.P. Célestin Maurel en mai 1905, qui nous en a laissé une recension. Lors de ce dernier voyage, trois messes furent célébrées sur l’île. Rien d’autre à notre connaissance.

Le 22 février 1974, l'archidiocèse s'est agrandi en vertu du décret Cum Insula de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, incorporant les îles Pitcairn.

********************

1905 – Annales des Sacrés-Cœurs – p.316-320

Une visite à l'île Pitcairn

La petite île Pitcairn, qùe I'on trouve au Sud-Est du groupe des Gambier, par 130° de longitude Ouest et environ 25° de latitude Sud, fait partie du Vicariat apostolique de Tahiti. Elle fut découverte le 2 juillet 1767 par le navigateur anglais Carteret qui lui donna le nom du matelot qui I'avait aperçue le premier. Elle peut avoir quatre milles d'étendue et suffire aux besoins d'une population de 400 âmes. « Sans le manque d'eau douce, a écrit Dumont d'Urville, toutes les jouissances de la vie pourraient s'y naturaliser ». Son point culminant s'élève à un peu plus de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Pitcairn est surtout célèbre par son histoire qui se rattache à la révolte de l'équipage du navire anglais le Bounty. En 1787, I'Angleterre avait envoyé ce navire à Tahiti pour y prendre des arbres à pain et quelques autres fruits ou plantes indigènes et les transporter dans ses colonies d'Amérique où elle voulait essayer de les acclimater. Après six mois de séjour à Tahiti, le Bounty se remit en route avec une abondante cargaison de plantes océaniennes. Mais plusieurs des matelots, regrettant les douceurs de la vie facile qu'ils venaient de mener, se révoltèrent tout à coup dans la nuit du 29 avril 1789 ; ils débarqtrèrent de force dans une chaloupe le capitaine William Bligh et dix-huit hommes qui avaient refusé de se rnettre de leur parti, et les abandonnèrent à la merci des flots, ne leur donnant pour toutes provisions qu'un baril d'eau douce et 150 livres de biscuit. Ces braves marins accomplirent en 48 jours une prodigieuse traversée de douze cents lieues, qui les fit aborder sains et saufs à Timor.

Vingt-cinq révoltés restaient à bord du Bounty ; ils se rendirent à l'île Tupuaï, à 120 lieues au sud de Tahiti, mais l'hostilité des naturels ne leur permit pas de s'y fixer, et ils revinrent à Tahiti où seize d'entre eux résolurent de s'établir. Mal leur en prit ; car deux ans plus tard, la frégate anglaise la Pandora les faisait monter à son bord et ils expiaient durement leur crime. Les neuf autres, sous la direction du lieutenant de vaisseau Christtan, le principal instigateur de la révolte, partirent pour Pitcairn, emmenant avec eux dix insulaires de Tupuaï et de Tahiti et douze tahitiennes. Après avoir débarqué dans l'île tout ce que renfermait le bateau, ils le brulèrent le 23 janvier 1790, de peur que sa prsence à la mer ne trahit leur secret. L’île était inhabitée.

Leur vie cependant ne fut pas longtemps sans trouble ni souci. Ils eurent à se défendre contre les entreprises des tahitiens. S’ils en tuèrent plusieurs, ils succombèrent eux-mêmes presque tous. En 1794, ils n’étaient plus que quatre, et en 1799 il ne restait plus que Adams et Young de tous les hommes blancs ou indigènes débarqués dans l’île en 1790. Ces deux derniers songèrent au repentir. Ils réglèrent le genre de vie de leur famille dans la voie de la religion, - naturellement de la religion protestante, - arrêtèrent qu’elles assisteraient aux prières du matin et du soir tous les dimanches, et à un service dans l’après-midi. Young mourut l’année suivante. John Adams, resté seul, devint comme le patriarche de la petite peuplade formée de sa famille et des enfants de ses complices. Il s’appliqua à instruire ces enfants qui étaient au nombre de dix-neuf ; il les forma si bien qu’en 1814 ils excitaient l’admiration de sir Thomas Staines, commandant deux navires anglais, de passage à Pitcairn. La colonie se composait à cette époque d’une cinquantaine de personnes. Le capitaine Beechey en compta soixante-dix en 1825.

John Adams commença à craindre que l’eau ne pût bientôt suffire à cette population croissante, et il demanda au gouvernement britannique de le transporter ailleurs avec tous les siens. Il mourut le 29 mars 1829 avant que l’Angleterre eût répondu à sa demande. Cependant deux navires anglais, la Comète et la Lucy-Ann, avaient reçu l’ordre de se mettre à la disposition des habitants de Pitcairn ; ils y arrivèrent vers la fin de 1830 et reçurent à bord toute la population de l’île qui s’élevait à 87 personnes.

Toute la colonie fut transportée à Tahiti. « Mais, rapporte un écrivain bien informé, les nouveaux venus furent tellement dégoûtés par le spectacle de la dépravation des Tahitiens, qu’ils refusèrent de s’en laisser approcher. Tout ce qu’ils voyaient leur faisait horreur. Dans leur affliction extrême d’avoir été déçus par les faussetés qu’on leur avait débitées sur le carcatère moral des Tahitiens, plusieurs tombèrent malades ; douze moururent de chagrin, et douze s’embarquèrent sur une petite goëlette pour retoruner dans leur île »[1]. Enfin le reste fut rapatrié par un brick américain, et la peuplade a continué à se développer tranquillement sur son île solitaire, un ministre protestant du nom de Nobbs ayant succédé au vénérable John Adams.

Cette île éloignée de 1 200 milles de Tahiti, n’a été que rarement visitée par nos missionnaires. Tout récemment le R.P. Célestin Maurel a pu y faire une courte apparition, et voici les notes qu’il nous communique :

Les Gambier, le 23 mai 1905.

Je viens de faire un voyage à Pitcairn. Le très regretté Père Georges Eich y est passé en 1898, en revenant de l’Ile-de-Pâques. Il vous en a donné alors une description à laquelle je n’ai rien à ajouter. Seulement j’ai pu y dire trois fois la messe, tandis que lui n'y est resté que quelques heures. On se souvient encore de sa visite.

Pour la réception, au point de vue corporel, rien de mieux : il y a eu partout le plus grand empressement ; au point de vue spirituel, je n'ose rien dire : la difficulté de bien m'expliquer en anglais était un grand obstacle. Néanmoins je suis content de mon voyage, car je me suis rendu compte du caractère de ces insulaires et je pense avoir trouvé ce qu'il faut pour réussir auprès d'eux. La connaissance de l'anglais et de la musique s'imposent : ils chantent admirablement bien[2].

Leur religion se résume dans la sanctification du samedi. On n'y baptise guère les enfants, pas même à l'heure de la mort. Deux enfants sont nés sur le navire ; ils sont morts sans baptême : on ne m'a pas permis de les baptiser. J'ai eu plus de chance à mon retour ; un enfant est venu au monde durant la traversée, et j'ai eu la joie de le régénérer dans les eaux baptismales. Pour eux, les bons ne vont pas au ciel après la mort, mais seulement après la résurrection. Les mauvais cependant sont immédiatement précipités dans les flammes de l'enfer. C'est du moins ce que m'a affirmé un des plus savants de la colonie.

lls ne sont pas ennemis du catholicisme comme les protestants des iles de la Sociéte ; ils accepterrt volontiers nos prières. Aussi à table j'ai touiours dit le Benedicite et les grâces à haute voix. Les enfants de l'école m'ont bien regardé avec une certaine curiosité très naturelle, mais bien loin de me jeter à la figure avec mépris ou terreur le qualilicatif de Pope qui est la suprême injure des protestants dans nos parages, ils sont venus me toucher la main avec confiance et ne parlaient entre eux que de Priest (prêtre catholique) qu'ils voyaient sans doute pour la première fois.

Il y a ici des adventistes, mais ils ne sont pas ennemis des images : ils en tapissent leurs maisons. Chez le chef de l'île, j'ai trouvé Daniel dans la fosse aux lions, le Bon Pasteur, Jésus guérissant les malades.

Mais ce qui m'a le plus touché, c'est d'avoir célébré la messe, pour la première fois, dans cette ile, sous cette belle inscription : God bless our home ! Que Dieu bénisse notre demeure ! La prière n'a-t-elle pas été exaucée ? Notre-Seigneur a daigné descendre trois fois sacramentellement sous ce toit hospitalier, et il n'y sera pas venu sans doute sans y apporter sa céleste bénédiction.

J'ai distribué quelques livres anglais que le très regretté Père Georges m'avait envoyé d'Amérique, lors de son voyage en Europe. J'ai donné comme souvenir une médaille de nos Martyrs au chef de l'ile : j'en ai laissé une autre dans ma chambre, d'autres ont été semées ici et là. Puissent nos saints martyrs intercéder pour ces braves insulaires et les amener bientôt à la connaissauce et à l'Amour de la vraie foi !

L'ile Pitcairn est à 270 milles de Mangaréva. Deux ou trois jours suffisent pour s'y rendre de chez nous. La population est actuellement de 160 à 170 personnes. On y attend le consul de Tahiti pour' le règlement de certaines affaires assez considérables.

Parti le 10 mai, j'étais de retour aux Gambier le 22.

Je viens en ce moment de louer un navire pour faire le vovage annuel dans les iles de l'Est des Tuamotu. Ce navire me coute par jour 150 francs chiliens. Un autre capitaine me demandait 200 francs, et un troisième 250 francs !

Nous avons eu tout dernièrement deux espèces de cyclones qui ont détruit cinq navires dans les ïles Tuamotu. Notre Mission des Gambier a été elle-même très éprouvée. À Pitcairn où je me trouvais, notre navire a failli sombrer...

P. Célestin Maurel, SS. CC.

********************

1906 – Annales des Sacrés-Cœurs – p.33-38 (36)

COUP D’ŒIL RETROSPECTIF

sur l’année 1905

[…]

Tahiti n'a pas de moindres actions de grâces à rendre au Souverain Maitre de toutes choses. Après avoir pleuré sur deux tombes bien chères, celle du jeune R.P. Léonard Robin, mort le 1er février 1905, d'épuisement et de privations, et celle du R.P. Georges Eich, provincial et évêque nommé de Sétif, mort le 6 mars de l'excès de ses travaux et courses apostoliques, nos Pères de Tahiti se sont grandement réjouis dans le sacre cle Mgr Athanase Hermel, coadjuteur de Mgr Verdier et évêque titulaire de Casium, et dans l'arrivée de cinq nouveaux ouvriers apostoliques. Ce magnifique renfort permettait à Mgr Verdier d'envoyer sur le champ deux missionnaires à Valparaiso pour de là se rendre jusqu'à l'ile-de-Pâques. Un cyclone à Rangiroa, dans les Tuamotu, une visite du R.P. Célestin Maurel à l'ile Pitcairn, et de nouveaux progrès aux iles Cook, avaient marqué d'autre part l'année 1905.

[…]

F. Célestin Maurel, SS.-CC.

********************

1911 – Annales des Sacrés-Cœurs – p.202-203

ILE PITCAIRN

MISTRESS CLARKE NE VEUT PAS ÊTRE REINE

Dans son numéron du 18 mai, L’Univers nous apprend que la petite île Pitcairn, qui fait partie du Vicariat apostolique de Tahiti, et déjà célèbre par le débarquement des révoltés du Bounty en 1789, vient encore d’être le théâtre d’une aventure assez intéressante.

Un négociant américian, M. Clarke, voyageant pour ses affaires dans les eaux du Pacifique, fit naufrage, voici quelques années, dans les environs de Pitcairn où il aborda heureusement. Cette île est située au Sud-Est des Gambier, par 130° de longitude Ouest et 25° de latitude Sud. Une fois convenablement séché et reposé, M. Clarke examina le pays qu’il trouva beau, et se mit en rapport avec les habitants qui lui parurent charmants. « Ce sont, a-t-il dit, des philosophes délicieux, qui vivent dans l’égalité la plus parfaite et dédaignent de s’enrichir à l’envi l’un de l’autre ».

Le navire correctement renfloué, M. Clarke rentra chez lui, en Californie ; mais il avait conservé un si aimable souvenir de l’île fortunée et de ses habitants, qu’il y revint et proposa aux insulaires de le nommer leur roi. Ceux-ci ayant accepté, Sa Majesté partit aussitôt pour aller chercher sa famille. Ses deux fils, flattés de devenir princes, ne demandèrent pas mieux de le suivre. Mais Mistress Clarke ne voulut pas se rendre à ses supplications. Le titre de reine était à ses yeux une trop faible compensation à la perte de son home californien. C’est pourquoi elle refusa obstinément. Le roi, fort ennuyé, recourut aux tribunaux. Est-ce qu’il n’est pas dit que la femme doit suivre son mari partout où il va ? Eh bien ! le tribunal de Los Angeles a trouvé une solution tout à fait originale. Il a déclaré que M. Clarke, en allant chercher un trône à Pitcairn, avait « abandonné le domicile conjugal », et il a prononcé le divorce en faveur de sa femme !…

Quoiqu’il en soit de ce jugement très américain, nous enregistrons la petite histoire à titre de renseignement documentaire. L’île Pitcairn a été visitée deux fois par nos missionnaires ; en 1898 par le R.P. Georges Eich, en 1905 par le RP. Célestin Maurel. Celui-ci a eu le bonheur d’y célébrer trois fois la sainte Messe. L’île comptait à cette époque de 160 à 170 habitants, tous protestants. Elle est éloignée de 270 milles de l’île Mangaréva, ce qui demande deux ou trois jours de navigation. Fasse le ciel qu’on puisse bientôt entreprendre la conversion des ces braves insulaires où l’élément européen se trouve curieusement mélangé au maori ! (Voir Une visite à Pitcairn dans les Annales des SS.-CC., 1905, p.316).

********************

1974 – Acta Apostolica Sedis – p.353

SACRA CONGREGATIO PRO GENTIUM EVANGELIZATIONE SEU DE PROPAGANDA FIDE

i

PAPEETENSIS

DECRETUM De limitibus Archidioeceseos

Cum Insula vulgo Pitcairn, in Polynesia sita, nullius adhuc certo modo subesse videatur iurisdictioni ecclesiasticae Ordinarii loci, Sacra haec Congregatio, audita Conferentia Episcopali Pacifici, atque obtentis votis Exc.morum ac Rev.morum Domini Raymundi Philippi Etteldorf, Archiepiscopi titulo Tyndaritani atque Apostolici in Insulis Oceani Pacifici Delegati, necnon Domini Michaelis Casparis Coppenrath, Archiepiscopi Papeetensis, idem territorium de Pitcairn Archidioecesi Papeetensi adnectendum censuit.

Itaque, Sacrum Consilium Christiano Nomini Propagando, omnibus mature perpensis, vigore facultatum sibi a Sanctissimo Domino Nostro Paulo Divina Providentia Pp. VI tributarum, per praesens Decretum, Insulam dictam vulgo de Pitcairn, cum insulis adiacentibus, donec aliter provideatur, supradictae Ecclesiae Metropolitanae Papeetensi adsignat.

Datum Romae, ex Aedibus Sacrae Congregationis pro Gentium Evangelizatione seu de Propaganda Fide, in Festo Beati Petri Apostoli Cathedrae, die vicesima secunda mensis Februarii anno Domini 1974.

AGNELLUS Card. Rossi,

ffî D. Praefectus S. Lourdusamy, a Secretis

______________________

SACRÉE CONGRÉGATION POUR L'ÉVANGÉLISATION DES PEUPLES

OU POUR LA PROPAGANDE DE LA FOI

de

PAPEETE

DÉCRET sur les limites de l'archidiocèse

L'île communément appelée Pitcairn, située en Polynésie, ne semblant pas encore relever de la juridiction ecclésiastique d'un ordinaire local, cette Sacrée Congrégation, ayant entendu la Conférence épiscopale du Pacifique et ayant recueilli l'avis de Monseigneur Raymond Philip Etteldorf, archevêque de Tyndaret et délégué apostolique pour les îles du Pacifique, ainsi que celui de Monseigneur Michel Gaspar Coppenrath, archevêque de Papeete, a décidé d'annexer le territoire de Pitcairn à l'archidiocèse de Papeete.

En conséquence, le Sacré Conseil pour la Propagation de la Foi, après avoir soigneusement examiné toutes les questions, en vertu des facultés qui lui ont été conférées par Notre Très Saint Seigneur Paul VI, sa Sainteté le Pape, par le présent décret, attribue l'île communément appelée Pitcairn, ainsi que les îles adjacentes, à la Métropole de Papeete susmentionnée, jusqu'à nouvel ordre.

Fait à Rome, à la de la Sacrée Congrégation pour l'Évangélisation des Peuples ou pour la Propagation de la Foi, en la fête de la Chaire du Bienheureux Pierre Apôtre, le vingt-deuxième jour de février de l'an de grâce 1974.

AGNELLUS Card. Rossi,

ffî D. Préfet S. Lourdusamy, par le Secrétaire

********************


[1] Journal Asiatique et Mémoire de la Société géographique de Londres, année 1832 et 1833. – De Rienzi, L’Univers, Océanie, t.II, p.261, sq.

[2] C'est un Français, parait-il, le baron de Thierry, qui les a formés au chant religieux. Débarqué dans l'ile en 1830 et forcé d'y rester pendant trois semaines - son navire avait été emporté la nuit par un coup de vent – il n’avait en provision qu’un diapason qui ne le quittait jamais. Voyant que ses hôtes s’acquittaient fort mal de la partie vocale du service divin, il proposa de leur enseignemer la musique. Comme ils aimaient passionnément cet art, ils firent des progrès rapides, et longtemps après la visite du baron de Thierry, ils mettaient en pratique les leçons qu'ils en avaient reçues et chantaient leurs hymnes en parties avec un ensemble remarquable. « À I'exception des cathédrales, raconte un visiteur, il y a peu d'églises en Angleterre où l'office divin soit aussi bien chanté ». Revue Britannique, juillet 1853, (art. une nouvelle ile fortunée dans l'Océan Pacifique) p.38.

Ajouter un commentaire

Anti-spam