Décès de Sœur Geneviève

DÉCÈS DE SŒUR GENEVIÈVE CHOCHOIS

SŒUR ROSE DE NAZARETH EN RELIGION

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Sœur Geneviève CHOCHOIS, en religion sœur Rose de Nazareth est décédée vendredi 21 février 2013… voici en quelques lignes sa vie au service de l'Église en Polynésie et un hommage de Mgr Hubert, évêque émérite.

SA VIE

Notre Soeur Geneviève CHOCHOIS, née le 26 décembre 1924 à Boulogne sur Mer vient d'être rappelée à Dieu vendredi 22 février vers 7h à la Communuaté Notre Dame des Sœurs de Saint Joseph de Cluny, Vallée du Tira, Mission. 

Sœur Geneviève, entrée chez les Soeurs de Saint Joseph de Cluny en 1945 à Gourin (Bretagne), le noviciat de Paris étant déplacé à cause de la guerre. 

Elle fait profession le 12 septembre 1946 à Paris et reçoit son Obédience pour les Iles Marquises où elle va se dévouer à Sainte Anne d'Atuona, pendant plus de 40 ans. 

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C'est en décembre 1946, alors âgée de 22 ans que Sœur Geneviève quitta le port de Marseille sur le 2ème bateau à appareiller après la guerre. Ce navire, le Sagitaire, était celui qui ramenait à Tahiti les Volontaires du Bataillon du Pacifique : 42 jours de mer à cette époque étaient nécessaires pour rallier Marseille-Papeete. En février 1947, un mois à peine après son arrivée, Sr Geneviève réembarque sur la goëlette VAITERE avec seulement 2 autres passagers à destination des Marquises. Et à 22 ans, elle prend la direction de l'école Sainte Anne Atuona.

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                                       Le Sagittaire en 1946                                                                                                                     Le Vaitere

Pendant 32 ans, de 1947 à 1979, Sœur Geneviève gardera la tête de l'École, puis du Collège Sainte Anne qu'elle verra grandir et se développer avec l'ouverture progressive de nouvelles classes jusqu'à celle du Brevet élémentaire. Et pendant toute cette période, elle aura l'occasion de parcourir les îles et les vallées à chaque ramassage scolaire et à chaque fin d'année.

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À Sainte Anne, Sœur Geneviève assumait plusieurs activités à la fois : elle enseignait au Collège, elle surveillait les internes , elle mettait en marche le groupe électrogène de l'Etablissement Sainte Anne et en assurait l'entretien.

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Elle entretenait de très bonnes relations avec la marine nationale tant pour les soeurs, les élèves et la marchandise. 

Et aussi avec le chanteur belge, Jacques BREL, qu'elle avait su intéresser à la vie de l'Etablissement. Celui-ci aimait venir « dans l'enclos ».  À la mort de BREL, Sr Geneviève a été très sollicitée par les médias.

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Puis elle se donne sans compter pendant 10 ans à Uturoa, Raiatea.  Elle assurait la responsabilité de la communauté et dirigeait à la fois le collège et l'école primaire. En 1991, Sœur Geneviève prend sa retraite de l'enseignement. Mais dans la congrégation des soeurs de Cluny, point de véritable retraite. Retraite d'enseignante, oui, mais le service dû au Seigneur, jusqu'à la limite des forces physiques. 

En 1992, elle fut de retour aux Marquises. Elle veille sur les internes. En septembre 1996, elle fête ses noces d'Or aux Marquises.  En 2006, ses noces de diamant, toujours aux Marquises toujours. 

En 2008, son état de santé l'oblige à quitter Atuona avec beaucoup de regrets et la Communauté Notre-Dame à Papeete l'accueille. Et en 2011, elle fête ses noces de rubis. 

Ces derniers mois, elle allait trois fois par semaine, au Centre d'Accueil de l'Enfance "Te Manu pererau" pour aider les enfants dans leur travail scolaire. Elle appréciait beaucoup ce contact avec les enfants qui lui montrait de l'affection. Ils étaient très intéressés par ses petites histoires de guerre ... 

Sœur Geneviève aura vécu en Polynésie 67 ans, se prodiguant sans compter jusqu'à ce que ses forces l'abandonnent, ne lui permettant plus aucune activité saufla prière, jusqu'au bout. 

Et nous disons : « Servante, bonne et fidèle, entre dans la joie de ton maître». 

 

HOMMAGE DE MONSEIGNEUR HUBERT COPPENRATH, ARCHEVÊQUE ÉMÉRITE

 

Une fois de plus, l'Église de Polynésie doit manifester sa gratitude à la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, qui lui a donné tant de missionnaires qui ont servi l'œuvre de Jésus-Christ avec générosité et compétence. Nous voyons partir une à une ces vaillantes religieuses en sachant que malheureusement la France Métropolitaine d'où elles sont venues ne nous en enverra plus. Comme nous voudrions voir les Océaniennes prendre la relève ! Mais si nous avons la joie d'en voir quelques unes parmi nous, elles sont malheureusement insuffisamment nombreuses. 

En tous cas, elles ne manquent pas de modèles et d'exemples. Que Dieu leur donne la grâce d'être elles-mêmes des modèles attirants pour les jeunes d'aujourd'hui. Car c'est bien de cela dont les jeunes ont besoin : des modèles attirants qui les aident à se construire et à rêver. Il y a des rêves de bonheur qui sont irréalistes et qui conduisent tout droit à la déception et au dégoût de la vie, mais il y a des rêves qui nous aident à donner le meilleur de nousmêmes et qui nous conduisent à des choix que nous ne regretterons jamais. 

Si les obsèques de Sœur Geneviève avaient eu lieu à Atuona, une foule nombreuse aurait entouré sa dépouille mortelle, probablement aussi à Raiatea, mais ici à Papeete, elle était peu connue et c'est donc dans une très grand discrétion que se déroulent ses funérailles, mais comme le soulignent les lectures que nous avons entendu si le départ de ce monde est humble et discret, la destination est merveilleuse. Sœur Geneviève va rejoindre son Sauveur et si Dieu l'a retirée du monde, c'est pour lui donner la récompense promise à tous ceux qui ont tout quitté pour suivre Jésus. Elle quitte un monde où la décrépitude de ses forces physiques la condamnait à une vie diminuée, mais c'est pour aller vers ce monde auquel elle a cru et toujours désiré. Aussi nous pouvons chanter avec elle les paroles du psaume : « Quelle joie quand on m'a dit allons à la maison du Seigneur ».